More is less?

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Less is more. On connaît tous cette phrase, d’abord popularisée par l’architecte minimaliste Ludwig Mies van der Rohe. C’est ensuite devenue une banalité, un lieu commun car reprise dans tous les sens par les annonceurs publicitaires, les émissions de télévision et autres. En substance, cela dit que l’on peut faire plus avec moins. Mais est-ce que moins est vraiment plus? Et si l’opposé était vrai? Ne serait-ce pas plutôt: more is less, finalement?

Une question pareille peut-être plus importante que ce que vous imaginez.J’aime beaucoup prendre des lieux-communs comme celui-ci et les retourner dans tous les sens pour voir ce qu’il en ressort. Dépasser le cliché pour en sortir une substance.

Par exemple, quel nom notre culture attribue-t-il souvent à une personne propre sur elle, qui a bien réussi dans la vie? On dit souvent que c’est une personne accomplie. Je l’ai entendu souvent à la fin de ma vingtaine. Même pas 30 ans que j’étais déjà accompli. Et je le prenais comme un compliment. Ca me rendait fier. La famille, les amis de la famille, les amis d’enfance, les gens que je croisais de façon éphémère.

Pourquoi étaient-ils tous d’accord sur une chose, celle-ci? Parce qu’ils connaissaient l’entreprise pour laquelle je travaillais, le poste que j’avais, mon salaire, voyaient ma voiture, cette montre à mon poignet. Une copine très mignonne, propre sur elle aussi, bien éduquée. Des projets d’avenir. C’était donc cela, la vie?

À 30 ans, j’étais donc accompli. Tout le monde le décrétait, pourquoi serait-ce faux?  

Puis j’ai pris un peu de recul et me suis posé deux questions: qu’est-ce que l’accomplissement? Peut-on vraiment être accompli à 30 ans?

S’agit-il de cela, à la fin? Avoir 30 ans, dégager une sorte de réussite sociale, mais qui, au fond, ne rend pas heureux.

Et tout le monde semble sur la même longueur d’onde. Il n’y en a pas un seul pour remettre cela en question. J’avais suivi le chemin selon lequel j’avais été éduqué. Et à 30 ans, je semblais déjà avoir terminé ma vie, donc, puisque j’étais accompli.

C’est là que j’ai eu une prise de conscience. J’avais beaucoup, mais dans le fond, je n’étais pas heureux. Tout ce que j’avais accompli jusque-là ne suffisait pas à me donner le vrai sourire et à combler ce vide intérieur que j’avais. Tous ces « compliments » ne me touchaient guère et ne suffisaient pas à me remplir ce vide. C’était au mieux hypocrite, au pire ils étaient dans l’illusion du consumérisme.

 

More was less, à ce moment de ma vie. C’était le premier jour du reste de ma vie.

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